C’est dans les salons mondains du siècle des Lumières que sont nés les premiers féminins. Petits portraits de celles qui recevaient dans leurs appartements ces réunions qui ont permis la naissance de ces titres.
LE SOUTIEN DES ENCYCLOPEDISTES
Marie-Thérèse GEOFFRIN, mécène française:
Fille d’un valet de chambre elle fit fortune en épousant, en 1713, François Geoffrin directeur de la Manufacture des glaces. Elle tint des salons entre 1749 à 1777, dans son hôtel de la rue Saint-Honoré. Le lundi, elle recevait les artistes et le mercredi était réservé aux gens de lettres et aux philosophes (Marivaux, d’Alembert, Helvétius, etc).Egalement fréquenté par des étrangers de marque (Horace Walpole, le futur roi de Pologne Stanislas Poniatowski, etc), son salon acquit rapidement une renommée européenne.
Elle est également célèbre pour avoir subventionné une partie de la publication de l’Encyclopédie.
L’ÉTERNELLE AMOUREUSE
Marie de Vichy-Champrond, marquise du Deffand
Marie de Vichy-Chamrond , marquise du Deffand. Elevée dans un couvent bénédictin à Paris,elle épousa en 1718 le marquis du Deffand, qu’elle n’estimait guère. Elle connut rapidement de nombreuses liaisons, dont la plus célèbre fut celle qu’elle eut avec le président Hénault qui l’introduisit auprès de nombreuses personnalités du monde des lettres, des sciences et des arts.
Après la mort de son mari, elle tint salon à partir de 1749. Philosophes, artistes, écrivains et aristocrates cultivés s’y réunissaient. Parmi les intimes :Voltaire, D’Alembert, Fontenelle, Marivaux,Helvétius.. Devenue aveugle en 1752, elle prit pour lectrice Mlle de Lespinasse, qui la quitta avec éclat en 1763 pour ouvrir son propre salon.
Sa Correspondance avec, entre autres, Voltaire et Horace Walpole, dont elle tomba amoureuse à près de soixante-dix ans, révèle son esprit indépendant mais sceptique, et constitue un document intéressant sur l’histoire de la société du XVIII e siècle.
MORTE D’AMOUR
Julie de l’espinasse, Ecrivain français:
Fille illégitime du comte Gaspard de Vichy, élevée par sa mère qui, à la vieille de sa mort, la confia au comte et à la comtesse de Vichy.
En 1754, elle devint la lectrice de Mme du Deffand, qui a la congédia en 1763.A la suite de quoi, Julie de Lespinasse ouvrit alors, rue de Bellechasse, son propre salon qui, bien que plus modeste que le précédent, attira les philosophes les plus brillants (d’Alembert, Condillac, Marmontel, Condorcet, Turgot) et devint un important foyer du mouvement encyclopédiste. L’échec de liaisons amoureuses passionnées altéra profondément la santé de la jeune femme qui s’abandonna au désespoir et mourut un an après avoir appris le mariage de son deuxième amant.
LA ROMANTIQUE AU GRAND COEUR
Suzanne necker, femme de lettresx
Femme de lettres suisse d’expression française. Fille d’un pasteur, elle reçut une éducation protestante solide et complète. Elle épousa en 1765 le financier Jacques Necker, futur ministre de Louis XVI; de cette union naquit une fille, Germaine, qui deviendra Madame de Staël.
Son salon littéraire accueillit de nombreux artistes et écrivains, Marmontel, La Harpe, Grimm et les plus grands collaborateurs de l’ Encyclopédie dont Diderot, Buffon et D’Alembert.
Certains virent dans son tempérament exalté et dans la violence de ses sentiments les signes avant-coureurs des tendances du romantisme. Sa correspondance enflammée avec le comte de Guibert fut publiée en 1809 et constitue un document précieux sur son époque.
Elle est également célèbre pour avoir fondé à Paris, en 1778, un hôpital qui porte aujourd’hui son nom. Après la chute du ministère de son mari, elle se retira en Suisse dans son château de Coppet.
Elle n’a laissé que peu d’écrits, parmi lesquels un Mémoire sur l’Etablissement des hospices (1786) et des Réflexions sur le divorce (1794).

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